Le droit à la vie
D’après la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (article 6), les États reconnaissent que tout enfant a un droit inhérent à la vie et assurent, dans toute la mesure du possible, leur survie et leur développement.
Or, le droit des filles à la vie reste nettement moins reconnu que celui des garçons : on observe des taux de naissance plus élevés chez les garçons que chez les filles et par ailleurs, plus de filles que de garçons meurent avant l’âge de cinq ans.
Le désir d’avoir un garçon est si fort dans certains pays qu’il peut mener au meurtre de nourrissons filles ou encore au foeticide féminin, lorsque des parents choisissent de mettre volontairement fin à la grossesse de la mère après qu’une échographie ait révélé qu’il s’agissait d’une fille.
Témoignage : dans une clinique en Inde, une femme attend, elle veut avorter. Elle a deux filles âgées de 11 et 7 ans, et a eu recours à 9 avortements dans l’espoir d’avoir un garçon. Quand on lui demande les raisons de son désespoir, sa voix se tord : « Je veux un fils car nous avons un grand commerce, je veux que mon mari lui transmette ce qu’il a construit lui-même. Mes filles se marieront et s’en iront ; notre fils restera et s’occupera de la famille ».
Cette pratique a entrainé un déséquilibre entre les sexes dans certaines régions du monde, et est à l’origine d’un déficit de millions de filles, qui devraient être en vie aujourd’hui.
D’après un rapport publié par un comité d’ONG à Genève en 2007, elles seraient 100 millions de filles à manquer, victimes de foeticides ou d’infanticides (y compris les cas d’abandon et de manque de soins). 80 millions d’entre elles sont en Chine ou en Inde*. Le taux de naissance a même atteint 133 garçons pour 100 filles dans certaines provinces chinoises.
Or, ces pays représentent près de la moitié de la population mondiale (3 milliards sur les 6 milliards et demi d’habitants que compte la planète) : le meurtre des filles signifie pour les générations à venir, moins de femmes et de mères.
Cela signifie également une décélération rapide de la croissance démographique et surtout un déséquilibre accru de la population mondiale entre hommes et femmes. En Chine, si ces tendances se poursuivent, entre 2015 et 2030, 25 millions de Chinois n’auront aucune chance de trouver une épouse.
Autre conséquence : le manque de filles augmente le trafic de filles et de femmes, considérées comme des marchandises rares. D’autres sont contraintes d’épouser plusieurs hommes dont elles deviennent la propriété.
*Ces deux grands pays sont rejoints par le Pakistan, le Bangladesh, Taïwan, la Corée du Sud, l’Indonésie, le Vietnam et certains pays du Caucase (l’Azerbaïdjan, la Georgie, l’Arménie).